...parce qu'avec les sous-titres en danois on perd beaucoup à moins de parler couramment l'arabe, le japonais et l'espagnol ou savoir lire les sous-titres en danois. Je m'explique : depuis que j'ai quitté la planète diagonale (i.e. Montpellier) je vais moins souvent au cinéma mais je persiste quand même, réduisant mon choix à des productions anglophones. Au passage, ce n'est pas trop dur au sens où la plus grande partie des films projetés sont américains et c'est rare que j'ai la possibilité d'aller voir un film espagnol ou italien.
Et donc aujourd'hui je décide d'aller voir Babel, dernier élément de la trilogie de Alejandro González Inárritu, après Amours chiennes (pas vu) et 21 grammes (vu et apprécié, au Vox et en VO ce qui vaut la peine d'être noté pour les gabaches).

18680420Le scénario relie trois histoires une à la frontière mexicano-états-unienne, une au maroc, l'autre au japon. Donc même si les acteurs principaux sont Cate Blanchett et Bradd Pitt,  c'est en fait très rare qu'on parle en  anglais dans ce film (en plus la partie au Japon met en scène une sourde-muette qui parle avec les mains)...  ben oui avec un film qui s'appelle Babel, j'aurais du me méfier... mais finalement ça m'a permis de vivre pleinement le propos du film, la solitude exercée entre autre par la barrière du langage et son dépassement. Face  une barrière apparente (celle de la langue), certains réagissent par le refus et l'incompréhension, d'autres la dépassent et se rendent compte qu'ils peuvent trouver de bien meilleurs soutiens de l'autre côté de cette barrière que du leur : ainsi le neveu mexicain plante sa tante au milieu du désert, les touristes américains abandonnent Brad Pitt au milieu de nulle part mais celui ci est sincèrement et généreusement aidé par les habitants du village. Et enfin ultime conclusion, malgrès toutes nos barrières il vaut mieux essayer de communiquer sinon on en vient à prendre un accident idiot pour un attentat terroriste et on préfère tirer d'abord et parler après.

J'ai particulièrement aimé la scène ou une fatma file une pipe de beuh à fumer à Cate Blanchett qui vient de se faire recoudre l'épaule par un vétérinaire du désert. Cette vieille a un visage incroyable, buriné par le soleil et le temps, la moitié des dents en moins, elle n'échange pas un seul mot avec Cate Blanchett , mais y a tellement de choses qui passent à travers cette pipe.

PS : à noter qu'un des seconds rôles, Gael Garcia Bernal, est actuellement également à l'affiche de La science des rêves de Michel Gondry, et d'ailleurs le titre anglais de ce film est The Science of Sleep, ce qui n'est pas tout à fait la même chose...