30 avril 2006
ClearStream où comment se tromper de scandale...
Je me rends compte depuis ma retraite allemande que l'affaire Clearstream est devenu une affaire d'état, on parle de démission, de perquisition à Matignon, déclarations de tous les côtés, démentis, contradictions... enfin tous les ingrédients d'une vraie affaire d'état qui achève la décrédibilisation de l'Etat que la majorité UMP a mené depuis 5 ans.
Mais ce qui me surprend le plus dans cette affaire, c'est le point auquel on se trompe de cible. Car du point de départ, à savoir le recours à Clearstream pour faire passer des pots de vins à l'occasion de la vente de vedettes à Taiwan, on ne parle plus du tout et on s'intéresse seulement aux pièges que se sont tendus réciproquement Sarko et Villepin à cette occasion.
Car si Clearstream était jusque là inconnue de beaucoups, elle est cependant très bien connue dans le milieu du blanchiment d'argent et de la finance internationale. Cette société basée au Luxembourg est une "société de compensation" ce qui en termes bancaires simplifiés signifie qu'elle est l'intermédiaire avec les paradis fiscaux types Caïmans,..., sans ClearStream, les paradis fiscaux ne pèseraient pas autant sur l'économie mondiale car ils seraient plus difficile d'emploi. Autrement dit l'union européenne autorise sur son territoire une société clairement impliquée dans toutes les formes de délinquance financière.
Canal + a diffusé il y a qq années un excellent reportage sur clearstream, réalisé par Denis Robert. Cet ancien journaliste de Libé travaille avec acharnement sur cette société, a réalisé plusieurs livres où il expose leur fonctionnement et les scandales attachés, et jusqu'ici il a gagné tous les procès que Clearstream lui a intentés.
Sur le fond de l'affaire clearstream qui nous occupe mtnt : visiblement clearstream a été utilisé pour faire circuler des pots de vin, un corbeau a donné un lisiting accusant entre autres Sarko en 2004. Et mtnt tout le monde se déchaine pour savoir ou cacher qui a donné ces peut-être fausses preuves. Franchement tout le monde joue les naïfs sur cette affaire, Villepin cherche un scandale pour plomber Sarko ? Sans blague, première nouvelle ! Sarko fait les innocents le plus bruyamment possible pour profiter d'une nouvelle maladresse de Villepin ? C'est pas la première fois et tout le monde (encore une fois) fait son jeu.
Et pendant ce temps :
- clearstream continue de blanchir l'argent sale
- sarko fait avancer son projet de loi sur l'immigration choisie.
Et si les médias (et l'opposition, mais elle je préfère ne pas en parler) se trompaient de scandale ?
29 avril 2006
Le cercle fermé
Vous vous rappelez de Jonathan Coe ? Si vous êtes un fidèle (une chance sur deux), vous vous souvenez de deux chroniques : le testament à l'anglaise et Bienvenue au club, si vous êtes mediaVictim (90%*50%=4.5 chances sur 10), tu sais évidemment de qui je parle. Bon voilà le début d'une troisième, sur la suite de Bienvenue au Club, à savoir Le cercle fermé.
I
l est nettement mieux ficelé que son prédécesseur, en fait c'est lui le vrai roman, l'autre n'était qu'une longue introduction, justifiée par le contraste que l'auteur voulait montrer entre la vie sous le blairisme et la vie avant Thatcher. Au milieu d'évenements qui sont ceux de notre présent (la fermeture de l'usine rover, la guerre en irak), on voit le destin de personnes d'horizons et de sensibilité différentes (le petit frère insupportable devenu député travailliste ambitieux, le bout-en train devenu crypto-fasciste,...), les non-dits entre les amis ou la famille se payer chèrement, des années après.
De même que le testament à l'anglaise, le cercle fermé offre un regard acide sur la société anglaise et un regard lourd et sans amitié sur les classes dirigeantes (le PDG VRP des entreprises où il reste juste le temps de les couler puis après change d'entreprise, les gouvernants irresponsables et menteurs,... ). Franchement, j'aimerai avoir un Jonathan Coe pour la France...
Pour une critique plus fournie : a voir a lire
Conseil de lecture : Effacement
Je sais que j'avais promis la critique de La Dot, que je ne l'ai pas encore faite (depuis quand je respecte les deadlines ?) et voilà que je vous parle d'un autre livre ! Pas bien sérieux tout ça, oui mais ici c'est pas serious Zapata (ni Serious Sam, beurarhhhh) mais funky Zapata, donc je parle d'Effacement maintenant et puis La dot,on verra une autre fois.
Franchement je me suis régalé à la lecture de ce bouquin, je l'ai commencé hier soir, j'ai du m'arrêter vers 1h du mat car mon nerf optique hurlait au surmenage mais ce matin je l'ai pris par surprise et voilà hop, j'ai fini. Ce roman parle d'un auteur noir, Monk, qui écrit des romans et des essais que personne ne lit et en fait on attend de lui, parce qu'il est noir, que ses romans parlent de la condition noire américaine. Parallèlement aux difficultés qu'il rencontre pour se faire éditer, un best-seller deffraie les chroniques : il est écrit "comme on parle dans les ghettos". Pour l'auteur, c'est faux, ça ne fait que renvoyer une image d'épinal. Un soir de dépit et pressé par le besoin d'argent, il en écrit ce qu'il considère comme une parodie et le propose à quelques éditeurs sans leur dire qu'il s'agit d'une parodie : succès immédiat. Il est alors pris dans une spirale (interview, droits télé, prix littéraire) qu'il entretient, le succès de son alias l'énervant autant qu'il y trouve du plaisir.
En lisant ce livre, je pensais au succès qu'a pu avoir un livre comme Kiffe Kiffe demain. Pour illustration, voici la fin d'une critique de ce livre récupérée sur une librairie en ligne : Le langage n'est pas celui de Proust mais il est vrai, direct. Les mots
sonnent justes et les émotions passent. Un roman coup de poing.. Exactement ce que Monk reprohe au livre qu'il parodie ; le langage argotique et les clichés en forment la seule trame.
Le jugement que Monk a de ce genre de romans ne doit pas nécessairement être pris pour argent comptant et généralisé à tous mais il illustre le fait que s'agissant d'un roman parlant d'une réalité qui échappe à un microcosme, celui-ci ne peut accepter comme authentique, réussi qu'un roman qui lui renverra au moins en partie les clichés qu'il a lui-même de ce monde qu'il ne connaît pas (ouah cette phrase est terrible, si vous arrivez à la lire en une seule passe, écrivez moi vous pourrez participer à un concours sans obligation d'achat). De ce fait pour écrire un roman à succès sur les ghettos noirs, le mieux c'est de vivre auprès des blancs et de voir ce qu'ils attendent.
Effacement est constitué du récit fait par Monk, entrecoupé de notes qu'il écrit pour des idées de roman et d'essais, de remarques d'ordre général sur le plaisir qu'il trouve à pêcher ou à travailler le bois, et de souvenirs d'enfance. Plus le roman parodie, Putain, qui occupe la moitié du roman. La narration cultive donc les mises en abymes mais pas à la manière d'un making-of, c'est un autre regard sur les personnages et leur histoire. Enfin le cynisme et l'ironie de l'écriture en font un vrai régal (enfin si vous aimez le cynisme et l'ironie, bien sûr) et l'intelligencia littéraire des USA prend un méchant coup de griffes.
23 avril 2006
A Straight Story
Hier soir, je me suis regardé A straight Story, de David Lynch. Pour une fois voici un Lynch qui se laisse lire sans avoir à réfléchir à 2 ou 3 degrés derrière une histoire qui égare son spectateur (même si celà peut avoir ses bons côtés, j'adore Mullholand drive et j'aimerai bien revoir Lost Highway). Bon alors que dire à part que c'est un film magnifique ? L'histoir est courte, on peut la ramener à une phrase "Alvin Straight parcourt une centaine de km sur sa tondeuse pour rejoindre son frère, frappé d'une crise cardiaque". Et spoiler, je vous révèle la fin du film (c'est une habitude chez moi), il y arrive !
Vu l'âge d'Alvin, on ne peut plus parler de parcours initiatique, c'est plutôt son geste, sa présence qui font évoluer les autres (une auto-stoppeuse, des cyclistes,...). La tranquille obstination et l'expérience d'un vieux sur sa tondeuse font un peu bouger les lignes dans la tête des spectateurs de son périple.
Un film à regarder en duo avec Bubbah ho Tep pour réhabiliter les vieux dans un monde de jeunisme. Au passage on a quand même l'impression que le middle west est peuplé de vieux et de personnes accablées par l'ennui (marqué par cette antienne, "ils savent s'amuser dans le wisconsin [ndlr : l'état d'à coté]".
Donc si vous ne l'avez pas encore vu, allez le voir !
PS : je suis étonné de la fausse diversité des pochettes de DVD : entre celle-ci, en allemand mais téléchargé sur amazon.com, celle d'amazon.fr qui reprend la même image mais dans l'autre sens (de droite à gauche) avec une autre saturation des couleurs et celle de mon DVD dans le même sens que l'allemande mais avec les couleurs de l'autre.... euh vous suivez encore.. enfin bref on dirait qu'à chaque fois y a des "pas crétifs" qu'on essayé de justifier leur salaire à coup de marketing.
PS2 : faudra aussi qu'on m'explique pourquoi on s'amuse à priver les français du vrai titre du film, lequel contient un jeu de mot qui résume bien le film. En effet "The Straight Story" peut se comprendre comme l'histoire de Straight, qui est le nom de famille du héros, que "L'histoire droite (claire)", ce qui reflète le caractère du héros (tétu et décidé). Les allemands ont eu plu de chance...
19 avril 2006
Bonn(2)
Mais le plus important, c'est que j'ai pu installer mon bureau et ma boule disco !
Dès que j'aurau réuni l'ampli et ses enceintes par les précieux cables laissés à Paris, ça va dépôter grave !!! mais pour le moment, boulétude oblige, on, se contente de 2 fois 5 watts, mais c'est pas grave ça clignotte quand même !
Au passage, il y a un sauna dans le sous-sol du bâtiment ; j evais pas traîner à y faire un tour....
Playlist : superpitcher, Here Comes Love
Bonn (1)
Et donc après un WE de Pâques bien rempli, plein de bons moments et de fous rires (faites gaffe aux poussins de pâques, ils ont des moeurs étranges), me voici à Bonn, ancienne capitale fédérale de l'allemagne, qui a perdu nombre de ministères et de bureaucrates mais a gardé toutes ses instituts de recherche.
J'ai un petit studio avec tout le confort modèrne (eau courante et internet haut débit), situé dans un immeuble pour les chercheurs de passage (les chercheurs du voyage si on veut) ; en entrant, bienvenue en allemagne, il y a un grand compteur avec le nombre de watt actuellement produits par les panneaux solaires sur le toit (plus de 2000 W au meilleur de la journée, 800 plus souvent). Un bon exemple qu'évidemment on doit pas trouver souvent en France.
Le studio au dernier étage de l'immeuble a la chambre en mezzanine, avec un escalier très raide mais aux marches ingénieusement découpées pour réduire la pente apparente.
La cuisine est hébergée dans un placard et comporte le minimum fonctionnel : 
Oldies (2)
Ceci dit des fois il y a un rayon de soleil : la preuve, cette charmante photo de mon bâtiment :
Oldies from Copenhagen
En faisant qq photos de mon nouveau chez moi allemand, j'ai retrouvé qq photos de Lyngby (prononcez Lunebu) donc elles vont pas rester abandonnées sur une carte mémoire (même si c'est une SD card, elles doivent quand même s'ennuyer un peu avec personne pour les regarder).Donc voici mon container, vu de l'extérieur. Comme vous pouvez le voir, ce n'est pas très charmant ni coquet mais c'est fonctionnel ; un détail, cependant le moindre crachin suffit à faire résonner fortement le toit, or la pluie au Danemark, ce n'est pas un évenement rare....
La preuve, ce couple de canard qui avait élu domicile dans une des flaques du parking du parc à containers.
17 avril 2006
Comment se foutre de la gueule des 4x4 et du marketing
Le marketing pris à son propre jeu et en plus pour se payer la tronche d'un 4x4, c'est réjouissant à regarder. Allez sur le site de ce *#$ de fabriquant de SUV (véhicule utilitaire de sport, le terme US pour dire 4x4 de beauf), certains anti-4x4 ont profité d'un stupide contest, "fabriquez vous-mêmes votre pub pur votre 4x4" pour faire une anti-pub à leur manière.
14 avril 2006
+3°C, ça chauffe, non ?
Et un de plus. Un nouveau rapport britannique sur le réchauffement global : ils nous promettent +3°C au cours des décénies à venir. Au passage on apprend que l'UE s'est donnée comme objectif de ne pas dépasser +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle. Selon la même étude,400 Millions de personnes seraient ainsi exposées à la famine et entre 1.2 et 3 milliards auraient un accès insuffisant à l'eau.
En conclusion, le Pr King reproche aux pays développés de trop se reposer sur les progrès technologiques futurs pour régler le pb: "il y a une différence entre optimisme et avoir la tête dans le sable".


