Comme un fait exprès, pour compléter ma readList africaine, voici un article du blog Notes africaines de libé :

En français dans le texte

Il n'y a pas très longtemps, je suis entrée dans une librairie très fréquentée du quartier Bastille, à Paris, pour acheter un livre que je voulais offrir aux amis qui m'invitaient à dîner: «Chroniques abyssiniennes» de Moses Isegawa (Albin Michel). L'auteur est né en Ouganda, vit aux Pays-Bas. Son livre a d'abord été publié dans sa traduction néerlandaise, avant d'être publié en anglais, langue dans laquelle écrit Isegawa, puis en français. Impossible de le trouver dans les divers rayons de littérature étrangère.

J'ai voulu me rabattre sur «Reine Pokou, concerto pour un sacrifice» de Véronique Tadjo (Actes sud), née en France, élevée en Côte d'Ivoire, vivant en Afrique du sud. Même échec. J'avais d'autres écrivains africains sur ma liste de favoris, mais dans quel rayon les chercher?  Littérature africaine? Le rayon n'existe plus, me dit un vendeur. Pas plus d'ailleurs que le rayon littérature francophone. Quant à la littérature anglophone, elle est britannique ou américaine. Les livres de littérature africaine aparaissent et disparaissent des présentoirs, m'explique le vendeur, au gré de leurs parution ou réédition en poche. Ils ne rejoignent que rarement les étagères, le «fond».

Il faut donc en profiter, le Salon du livre de Paris http://www.salondulivreparis.com/, qui s'est ouvert vendredi, offre une occasion unique de trouver les livres d'auteurs inégalement distribués, au moins une partie d'entre eux: ceux qui écrivent en français. Pendant six jours, 40 écrivains francophones invités évoqueront avec les visiteurs ce que représente pour eux cette communauté de langue. Une centaine de millions de personnes ont le français pour langue maternelle, près de 200 millions le fréquentent plus ou moins assidûment. Il est temps de réaliser, comme le dit Alain Mabanckou («Verre cassé», Seuil) dans le supplément de Libération consacré à la francophonie (16/03/06), que la langue française «se balade, habite les maisons en terre battue d'Afrique, somnole au pied des baobabs...». Et qu'on écrit en français pour toutes sortes de raisons, y compris comme le revendique Abdourahman A. Waberi ("Aux Etats-Unis d'Afrique", Lattès) dans ce même supplément, "parceque je suis un pur produit postcolonial"...
M.-L.C.