C'est un bouquin d'un cubain vivant en Espagne (José Carlos Somoza), publié chez Babel. J'en profite pour dire tout le bien que je pense de cette collection de livres de poche, éditée par Actes Sud, qui en plus d'avoir un beau papier et de jolies couvertures, offre un choix éditorial de trés grande qualité. Je les achète presque les yeux fermés, je n'ai jamais été déçu.2742752978.08._sclzzzzzzz_1


Donc ce livre se situe en 2006 avec un peu d'anticipation et décrit un monde où les peintres ont arrêté de peindre sur des toiles mais utilisent des humains pour faire leurs peintures. ça dépasse l'idée du body painting car une fois qu'il est peint, un modèle n'est absolument pas considéré comme un être vivant.


En fait le livre part de la question du corps-objet, jusqu'à quel point peut on se permettre de refuser de voir un alter ego dans un corps exposé. Après le roman tire la ficelle jusqu'au bout pour voir où elle va nous conduire ; on voit par exempe que parallèlement à cet art hyperdramatique qui consiste à exposer des êtres vivants se développe un artisanat hyperdramatique qui consiste à fabriquer des chaises, des lampes, des tables avec des êtres vivants comme on aurait pu faire une table expressioniste ou cubiste....

L'intrigue policère consiste à retrouver un destructeur de toiles qui tue les modèles comme il aurait pu déchirer une toile (en papier ou en tissu). Elle est ménée en parallèle avec l'histoire d'un modèle, trés fière d'avoir été sélectionnée pour faire partie d'une exposition d'un peintre hyperdramatique trés renommé.

Au final, un livre passionant qui malgré son volume d'un fort beau gabarit (plus de 600 pages) aspire son lecteur dans sa spirale infernale qui conduit de la peinture au meurtre. Jamais plus vous poourez dire "Cherche pas à comprendre, c'est de l'art".

Pour d'autres commentaires, on peut aller sur le site d'une célèbre librairie en ligne